Le Québec est une nation fière, inclusive, riche de son histoire et de sa diversité. La langue française a permis de nous définir et de continuer à nous épanouir. La campagne Le français, notre trait d’union met en lumière notre langue commune à l’image d’une clé du « vivre ensemble ».

Dans le cadre de cette campagne, découvrons le français comme un espace d’affirmation, de rencontres, d’intégration sociale et de réussite. Voyons le français comme la langue du travail, du service et de la vie quotidienne. Prenons conscience de notre responsabilité collective, celle de faire résonner le français avec force, comme un trésor à partager et à préserver.


Cette campagne est menée par le gouvernement du Québec, un partenariat du ministère de la Culture et des Communications, du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion et de l’Office québécois de la langue française.

TÉMOIGNAGES

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Intégrer le français à ses pratiques d’affaires, c’est gagnant pour Sabotage!

Question : Pouvez-vous nous décrire votre entreprise en quelques mots?

Réponse : Sabotage est un studio de jeux vidéo indépendant, fondé en 2016, par Thierry Boulanger et Martin Brouard, deux vétérans de l’industrie résidant à Québec. Le studio compte maintenant 13 employés à temps plein. Nous nous spécialisons dans la création de jeux à l’aspect rétro, mais qui mettent de l’avant des éléments de design modernes. Notre studio a remporté le prix NUMIX du studio de jeux le plus prometteur en 2016 et le prestigieux GAME AWARD for Best Debut Indie Game pour The Messenger en décembre 2018.

Question : Vous réussissez, au Québec et à l’international, dans un domaine d’affaires majoritairement anglophone. Vous semblez continuer de véhiculer fièrement votre utilisation du français. En quoi est-ce important pour vous?

Réponse : Lorsqu’on nous demande : « Pourquoi Sabotage? », on pense bien évidemment à la signification du mot qui évoque un certain esprit rebelle. Or, lorsque nous avons choisi le nom de notre studio, nous avions aussi ce désir d’avoir un nom qui fonctionnait aussi bien en français qu’en anglais afin d’évoluer dans cet écosystème majoritairement anglophone.

The Messenger connaît effectivement un succès critique et commercial un peu partout dans le monde. Nous avons la chance de compter des milliers de joueurs aux États-Unis, en Chine, au Japon, en Amérique latine et dans la plupart des pays d’Europe, en plus du Canada et du Québec.

Lorsqu’on fait un jeu vidéo, par défaut, la langue est généralement l’anglais, puisque c’est le dénominateur commun au plus grand nombre de joueurs. C’est néanmoins une pratique courante d’adapter ensuite son jeu en plusieurs autres langues comme le français, l’espagnol, le chinois, le japonais, le russe et l’allemand, afin de rejoindre un plus grand public et de mieux les fidéliser aux univers que nous créons.

Pour le français, il va généralement de soi de faire une traduction internationale qui s’adresse aux francophones du monde entier. Pour The Messenger, le directeur créatif, Thierry Boulanger, s’est particulièrement investi dans les textes du jeu et, lorsqu’est venu le temps d’adapter les textes en français, nous avons décidé d’en faire également une version québécoise mettant en relief la « parlure populaire » d’ici, si chère à l’équipe.

The Messenger est un jeu où l’humour occupe une place importante, et la version québécoise ajoute un degré à cet aspect du jeu. L’ajout de cette option a demandé des efforts supplémentaires considérables en fin de production, mais l’accueil que nous ont réservé les joueurs québécois a été phénoménal. Nous recevons régulièrement des commentaires dans lesquels on nous remercie d’avoir inclus cette option et nous ne comptons plus les mentions sur les réseaux sociaux ou les commentaires d’autres développeurs québécois qui se disent intéressés à suivre notre exemple pour leur prochain jeu. C’est aussi très drôle de voir la réaction de certains joueurs français intrigués devant des expressions québécoises. 😊

Question : Êtes-vous fier de réussir en français dans un domaine majoritairement anglophone?

Réponse : Nous sommes fiers de réussir dans plusieurs langues. Mais le sentiment d’appartenance qui émane des joueurs francophones, et particulièrement des joueurs québécois qui voient The Messenger comme un porte-étendard de la culture vidéoludique québécoise sur la scène internationale, nous rend extrêmement fiers.

Question : De quelle réussite en français êtes-vous le plus fier?

Réponse : Nous sommes fiers de voir l’engouement des joueurs québécois lorsqu’ils découvrent la version québécoise et leur réaction quand ils jouent lors d’événements publics ou lors de diffusions en ligne en direct sur des plateformes comme Twitch ou YouTube. Ils n’en reviennent tout simplement pas et leurs sourires sont une merveilleuse récompense!

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Pourquoi êtes-vous fier de parler français? Comment avez-vous appris le français? Quels mots ou expressions en français vous étonnent? Voici quelques questions que nous avons posées à des Québécoises et Québécois.


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La restauratrice montréalaise Dyan Solomon révèle son ingrédient secret

Depuis plus de vingt ans, la chef réputée Dyan Solomon construit petit à petit son empire. On lui doit le très couru Olive et Gourmando, dans le Vieux-Montréal, le Foxy, dans Griffintown, et le tout nouveau caffè italien Un Po’ Di Più, également dans le Vieux-Montréal. Même si elle n’a jamais eu de mal à ouvrir ses horizons culinaires, elle admet que c’est aussi, dans une mesure égale, sa langue seconde qui l’a aidée dans sa carrière.

En fait, le français est vite devenu un ingrédient indispensable de sa réussite.

« Je ne dirais pas que j’ai une grande facilité pour les langues. Il m’a fallu 20 ans pour m’améliorer, au rythme de l’escargot, mais je n’ai pas peur du ridicule. C’est tellement satisfaisant de pouvoir me joindre à une conversation et d’être capable d’articuler ma pensée. »

Native de Kingston, en Ontario, Mme Solomon était unilingue avant de déménager à Montréal pour fréquenter l’Université McGill. C’est plus tard, lorsque, fraîchement diplômée d’une école de cuisine au Vermont, elle intègre l’équipe du Toqué, le célèbre restaurant de Normand Laprise, que la chef commence à s’immerger dans la langue française et la culture québécoise.

« Tout le monde – et je dis bien tout le monde – parlait français dans la cuisine. Ça m’a ouvert les yeux, j’ai vraiment découvert un autre univers », se rappelle-t-elle.

Elle affirme que son apprentissage du français s’est fait de peine et de misère. Quand elle se trompait au travail, c’était une occasion d’apprendre de nouveaux mots. Et pendant que son français s’améliorait lentement, sa réputation sur la rude scène gastronomique montréalaise, elle, grandissait à vue d’œil.

Motivée par le désir de faire sa vie à Montréal, de s’y tailler une place dans la restauration, la chef continue donc de perfectionner chaque jour son français au contact de nombreux fournisseurs, collègues et clients unilingues. C’est ainsi que des liens se sont tissés et que des étrangers sont devenus des amis.

« J’ai découvert que les gens sont drôlement généreux et indulgents avec quelqu’un qui apprend. Chaque fois que je faisais un effort pour parler français, je sentais de la bienveillance et une volonté d’aider. Je me trouvais assez chanceuse. »

Mme Solomon ne compte plus les fois où la confusion des mots a créé une situation comique – chose qui, même après toutes ces années, arrive encore parfois –, mais elle a toujours appris de ses erreurs. Et aujourd’hui, elle en rit sans aucune gêne.

« Une fois, je servais un client habitué et je voulais lui faire goûter un nouveau biscuit de ma création. J’essayais de lui dire qu’il serait mon cobaye, mais je ne me souvenais plus du terme en français. Alors le mot qui est sorti est chauve-souris. Voulant me corriger, j’ai traduit guinea pig littéralement – par cochon d’Inde –, mais évidemment, ce n’était pas ça non plus.

« Vous auriez dû voir sa tête et celle des autres clients qui faisaient la file. Ça valait cher. »

Son réseau d’amis et de collègues du milieu s’enrichissait en même temps que son vocabulaire français. Au fil des années, elle a bâti une relation privilégiée avec certains clients et fournisseurs, ce qui n’aurait pas été possible avec la barrière de la langue. Mme Solomon a même été invitée à l’émission de télé de son amie Josée di Stasio.

« On me dit qu’on m’a vue à la télé, que je suis très bonne en français. Je pense qu’on exagère un peu, mais je fais de mon mieux. »

Si on avait dit à la restauratrice, lorsqu’elle a quitté l’Ontario pour Montréal, qu’elle participerait un jour à une émission en français, elle ne l’aurait pas cru. Pourtant, aujourd’hui, la majorité de ses interactions au travail et à la maison se déroulent en français, et son cercle d’amis est surtout francophone.

Comme elle possède deux restaurants dans l’épicentre touristique qu’est le Vieux-Montréal, elle représente en quelque sorte la ville aux yeux des visiteurs, tout comme son équipe d’ailleurs. À ce titre, elle sert fièrement les clients en français. Il est vrai que beaucoup de voyageurs parlent anglais ou une langue complètement autre, mais ils adorent le fait français qui imprègne l’histoire et la culture de Montréal, et ils sont ravis d’en faire l’expérience.

Et Mme Solomon souligne qu’il y a aussi des touristes francophones qui visitent ses établissements.

En tant qu’Ontarienne d’origine et ex-unilingue anglophone, elle considère que si elle a pu atteindre ce niveau en français, tout le monde le peut. Son truc si vous avez peur de parler en public dans une langue seconde? Essayer, essayer, essayer.

« Oui, il peut être terrifiant de s’exprimer dans une langue qu’on connaît mal, mais il faut savoir chasser la peur du ridicule. Si on se laisse obnubiler par des détails de prononciation ou par ce que les autres pourraient penser, on s’empêche de faire le genre d’erreurs cruciales qui pourraient nous aider à apprendre. »

Erik Leijon, Postmedia Content Works


Crédit photo : Stéphane Bourgeois

Entrevue avec Martin Brouard, cofondateur de Sabotage, un studio spécialisé dans la création de jeux vidéo à l’aspect rétro.

Pourquoi êtes-vous fier de parler français? Comment avez-vous appris le français? Quels mots ou expressions en français vous étonnent?

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